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  • juliengautherot

La tarte aux mûres (ou le goût du pardon)

Aujourd'hui, j'ai cueilli des mûres sauvages.


Elles étaient bien noires, bien joufflues, toutes gorgées de sucre. Elles se méritent, les mûres, on s'arrache la peau, on se pique, parfois un frelon furieux ou une araignée vous bondissent au visage pendant que les orties se chargent de vos mollets.


Et puis, ces mûres, j'en ai fait une tarte. C'est délicieux, les tartes aux mûres, non ?

Une pâte sablée, des fruits, rien de plus. Le superflu et les subterfuges n'ont pas leur place ici. Un mélange d'essentiel et d'authentique.


Pendant tout le temps qu'aura duré cette activité, et sans que rien ne soit prémédité, mes pensées se sont spontanément tournées vers mon papy.


Avec qui j'ai cueilli des mûres, lorsque j'étais gamin. J'en boulottais plus que je n'en ramassais dans mon récipient, d'ailleurs.


Avec qui j'ai fait des tartes, aussi. Et j'en ai aussi boulotté un paquet (surtout celles aux mirabelles.)


Et j'ai ressenti une immense gratitude pour ces souvenirs si chers, pour cet héritage inestimable. C'était un moment très doux, rempli d'amour et de fierté pour cette transmission venant de lui.


Et c'est là, les doigts encore tout poisseux du jus violacé des mûres, que j'ai compris.


Cet instant venait comme sceller le pardon entre nous, ce pardon qui germait déjà depuis quelques temps, et attendait le bon moment pour se manifester concrètement.


Alors voilà, papy : je pâtisse des souvenirs heureux, et je te donne mon pardon.

C'était un beau moment, et tu étais un peu avec moi.

J'avais promis que je viendrais te donner mon pardon avec une fleur à la main, mais tu vois, j'ai préféré t'offrir une tarte aux mûres.


Cette tarte-là aura un goût unique pour moi.


Vivement le dessert.





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