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  • juliengautherot

Quand le bourreau devient le thérapeute

Hier, j'ai fait un soin vibratoire au cabinet, à Dieppe.

La personne accompagnée n'était pas n'importe qui : ma sœur Virginie.


J'avais en effet accepté de lui prodiguer une séance. En temps normal, s'occuper de proches est plutôt contre-indiqué, mais Virginie et moi sommes devenus tellement proches dans notre amour fraternel comme dans la profondeur de nos échanges, que la mise à nu de nos propres blessures devant l'autre ne nous pose plus aucun problème... quand bien même l'autre serait, justement, la cause de la souffrance ! J'ai donc écouté mon intuition : tous les feux étaient au vert. Alors GO !!


Elle souhaitait dépasser un plafond de verre contre lequel elle se sentait buter depuis des semaines, et qui l'empêchait d'activer pleinement son potentiel, comme d'aller puiser totalement dans sa confiance en elle. Nous avons donc démarré la séance par la traditionnelle discussion de fond qui permet de faire l'anamnèse.


Selon les ressentis profonds de Virginie et les indices laissés sur sa route, ce blocage présent viendrait d'une vie antérieure où elle aurait subi le pire des châtiments : le bûcher. Une guérisseuse brûlée vive, convaincue d'hérésie par l'autorité catholique.

J'ai alors immédiatement des frissons et une image : celle d'un prêtre inquisiteur en robe de bure, gueulant son verdict à l'encontre de la pauvre femme, l'envoyant ainsi à une mort atroce. Je ressens l'exaltation de cet homme, tellement sûr qu'il agit pour défendre sa foi et ce qu'il considère comme les "forces du bien", la "justice divine". Je ressens aussi sa haine pour tout ce qui menace cet ordre, la pureté de sa foi et la grandeur de "sa" religion. Je vois son visage dur, sa bouche hurlante, aux dents gâtées. Et c'est là, exactement là, que je SAIS : cet homme... c'était moi !

Je suis subitement glacé, bouleversé, choqué devant l'horreur de la chose... mais je SAIS que c'est vrai, c'est une intime conviction aussi puissante que mes précédents souvenirs de vies antérieures. Et puis, alors que ma sœur continue de se livrer sur ce sujet, j'ai la certitude qu'il me faut le lui dire, lui avouer. J'ai là l'occasion unique de réparer "le mal" que j'ai commis dans le passé, de l'aider à guérir cette blessure que je lui ai moi-même causée. Le bourreau est devenu le thérapeute, amusant non ?

Je réalise alors que je fais moi-même partie des personnes soignées pendant cette séance. Car si je m'apprête bien à aider ma sœur à se guérir, il va en être de moi tout autant : je porte aussi en moi la blessure de toute cette souffrance infligée.

Je prends donc mon courage à deux mains, et avoue à Virginie ce que je viens de capter. D'abord interloquée, elle se reprend rapidement et comprend. Pour n'être finalement pas si surprise : tout cela se tient, est logique. Tellement évident, même.

Alors nous décidons de démarrer le soin, ensemble. Je la plonge dans un état de relaxation très profonde, et la fait descendre en elle, à la rencontre de ce plafond de verre. Rapidement, Virginie arrive dans un univers où flottent des bulles, comme celles du savon, chacune contenant un fragment, une image, un moment d'autres vies. Elle me décrit tout cela, il y en a beaucoup, vraiment beaucoup. Puis nous demandons à ce que la bulle qui contient la mémoire de ce moment traumatique nous soit accessible. Cependant, le guide de Virginie, que nous avions invoqué pour nous aider, intervient et nous déconseille de la regarder. Il me souffle même le moyen de "nettoyer" ce moment éprouvant sans faire revivre le traumatisme à Virginie.

Je demande alors à cette dernière de tendre les mains devant elle, pour que la bulle de mémoire en question soit déposée dans ses mains ; mais nous demandons à ce que la surface de cette bulle soit opacifiée pour que Virginie ne puisse pas en voir le contenu. Lorsque le contact de la bulle s'établit sur ses mains, je vois aussitôt le visage de ma sœur qui se crispe, il évoque une souffrance extrême, et une peur panique. Elle tremble comme une feuille, respire mal et bruyamment. La peau de son visage et de ses bras forme des plaques rouge vif, son front est brûlant. Qu'est-ce que cela aurait été si nous avions revécu la scène ?!!


Nous demandons alors à remplir cette bulle mémoire d'amour et de gratitude. De pardon. D'acceptation. Sans cet épisode du passé, nous ne serions pas qui nous sommes aujourd'hui. Nous n'aurions pas cette force en nous, nous n'aurions pas cet amour l'un pour l'autre. Du mal absolu naît la plus belle lumière... si tant est que le mal existe vraiment d'ailleurs, car nous savons tous les deux qu'il n'est finalement qu'une expérience de vie comme une autre.


Pendant que nous remplissons cette bulle d'amour et de paix, et pendant que Virginie souffre manifestement et fournit un effort soutenu, de mon coté je pleure abondamment, je suis pris de hoquets, de sanglots puissants. Je lave ma culpabilité et ma propre blessure. J'éteins les flammes du bûcher avec l'eau qui sort de mes yeux. Et à nouveau je parle ce langage étrange, le langage de la lumière. Il est beau, doux et apaisant, il me fait du bien autant qu'à Virginie, il nous encourage à continuer, à garder le contact avec la bulle et la foi dans ce que nous faisons. Puis, au bout d'un moment, tout s'apaise, Virginie se sent mieux quand mes sanglots se sont arrêtés. La bulle mémoire, enfin libérée, est repartie flotter parmi les autres.


Nous terminons le soin, non sans avoir le plaisir de revoir Maman qui était à nous côtés depuis le début (je cite : "Oui j'étais là, qu'est-ce que vous croyez !!") Petite Maman dont j'avais eu le privilège de ressentir son amour d'une manière toute spéciale et tellement maternelle la veille de la séance... et qui aujourd'hui vient soutenir et donner son amour à sa fille. Quel cadeau !


Virginie et moi allons marcher sur la plage de Dieppe, respirer l'air pur et mettre nos pieds dans l'eau de mer glacée. Cela nous ancre, nous fait revenir totalement à nous. Nous discutons de ce qui vient de se passer, de ce truc incroyable que nous venons de vivre ensemble.


De mon coté, je réalise que depuis que je fais des soins de ce type, parmi toutes les personnes déjà accompagnées j'ai eu 3 autres femmes pour lesquelles j'avais eu ce même type de vision d'anciennes guérisseuses envoyées au bûcher pour accusation de sorcellerie. J'ai parfois partagé cette vision, parfois non, selon ce que mon intuition me dictait. Toutes brulées sous mon commandement ? Je ne le ressens pas, non. Mais je comprends que nous, les hommes, les religieux, avons causé beaucoup de souffrance au nom d'une prétendue pureté spirituelle. Il y a encore du travail, pour réparer tout cela. Alors au boulot !! Et la vie continue, plus belle que jamais.


La conclusion de ce petit partage ? Elle est toute simple : l'Amour est la réponse.


Publié avec l'aimable autorisation de ma frangine d'amour.



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